Investir dans l’or : bonne idée ?

Bien que la France ne fixe plus de cours de l’or, le précieux métal conserve une cote dans de nombreux autres pays et demeure une valeur refuge, surtout en périodes tourmentées.

Les métaux précieux, et plus particulièrement l’or, ont toujours fasciné les hommes.

Les premières pièces monnaie ont été fabriquées dès l’Antiquité, en electrum, un mélange d’or et d’argent.

Puis le roi de Lydie – le fameux Crésus – décida de faire frapper des pièces uniquement en or ou en argent – les créseides – et d’instaurer entre elles un système de valeur. Les pièces comportaient également un poinçon, afin d’attester de leur authenticité. En effet, cette région était riche en or, collectée dans la rivière Pactole, d’où vient l’expression « toucher le pactole ». La création d’une monnaie officielle a alors permis l’accélération du développement du commerce.

Comment fonctionne le marché de l’or ?

À ce jour, l’État ne fixe plus le cours de ce métal précieux en France. Il n’existe donc pas de cours officiel de l’or. En effet, le marché de l’or fonctionne selon la loi de l’offre et de la demande. Les transactions s’effectuent, le plus souvent, de gré à gré.

Toutefois, le métal jaune reste côté sur de nombreuses Bourses au niveau mondial. Londres demeure ainsi le plus gros marché de négoce. Institution privée composée de grandes banques internationales mais également de sociétés minières, de négociants d’or et de fabricants de bijoux, la London Bullion Market Association (LBMA) fixe deux fois par jour (à 10h30 et 15 heures) le prix de référence après avoir eu communication en temps réel, par ses membres, des coûts d’achat et de vente du métal jaune. Cette valeur, indexée sur l’offre et la demande, est ensuite retenue pour de nombreuses transactions au niveau mondial.

Des variations régulières

De nombreux éléments influencent l’évolution du marché, à la hausse comme à la baisse. L’offre dépend du niveau d’extraction du métal aurifère au niveau mondial, du volume d’or recyclé et des politiques gouvernementales liées à leurs réserves.

La demande est, quant à elle, liée au volume de bijoux en or commercialisés, à la demande industrielle (les produits qui utilisent un circuit imprimé comme un ordinateur ou un smartphone contenant une petite partie d’or) ainsi qu’aux volumes d’achat des investisseurs.

Concernant les investissements, les périodes de crise financière ou d’instabilité politique ont tendance à stimuler la demande en or, qui joue le rôle de valeur refuge. Il en est de même lorsque les taux d’intérêt sont bas ou en période de baisse des marchés actions, le métal jaune constituant alors une alternative d’investissement à d’autres actifs devenant moins rémunérateurs.

Comment investir ?

Vous devez fixer une stratégie d’investissement bien réfléchie. Vous pouvez, tout d’abord, investir de manière traditionnelle, en pièces d’or, en lingotins ou en lingots.

Les pièces se révèlent plus facilement négociables, notamment celles ayant une notoriété internationale comme les 10 et 20 francs or ou napoléon, ou le souverain or britannique, ou encore la liberty américaine. En fonction de leur rareté et de leur état, certaines pièces peuvent valoir plus cher que leur valeur intrinsèque en or. On parle alors de « prime », ce qui vous permet d’augmenter votre gain si vous faites le bon choix. Il est possible d’acheter également des pièces d’or modernes qui pèsent une once soit 31,10 grammes et s’échangent facilement comme l’american buffalo ou la maple leaf canadienne.

Vous pouvez également acheter des actions de sociétés minières. Mais leurs cours peuvent varier assez fortement.

Elles sont donc réservées aux investisseurs avertis. Enfin, l’ETF or (Ex-change-traded fund) constitue une autre alternative d’investissement. Il s’agit de fonds qui suivent le cours de l’or physique ou d’actions de sociétés liées à l’industrie aurifère. Cette solution, à frais réduits, évite les problèmes liés au stockage de l’or. Toutefois, l’ETR n’est pas non plus sans risque : il se révèle plus intéressant s’il suit le cours de l’or physique et détient un stock réel d’or suffisant pour faire face aux éventuels rachats massifs des investisseurs.

Qu’est-ce que le carat ?

Si vous souhaitez investir dans des bijoux en or, le carat vous permet de déterminer le degré de pureté d’un métal précieux. L’appellation 24 carats correspond par exemple à de l’or pur à 99,99%, 22 carats à de l’or pur à 91,60 %, 18 carats à de l’or pur à 75 %, 14 carats à de l’or pur à 58% et 9 carats à de l’or pur à seulement 37,5 %. Bien évidemment, plus le bijou a un pourcentage d’or important, plus sa valeur intrinsèque devient forte.

Toutefois, les objets en or sont le plus souvent vendus beaucoup plus chers que leur valeur en or et il est parfois difficile de les revendre avec une prime aussi importante sauf pour un objet rare fabriqué par une grande maison de joaillerie. Le carat d’un bijou peut être identifié par son poinçon, comme une tête d’aigle pour les bijoux en or 24 carats.

À qui s’adresser ? 

Le recours à un professionnel constitue la meilleure solution, notamment pour éviter de se faire escroquer, par exemple lors d’une vente sur Internet auprès d’un particulier.

De surcroît, cette solution peut vous donne la possibilité d’orienter votre achat vers une pièce en or qui comporte un potentiel de hausse important. Tel est le cas des pièces rares qui sont recherchées par des collectionneurs comme le demi-napoléon 10 francs Napoléon III tête nue.

De surcroît, vous devez faire attention, lors d’un achat, à l’état de la pièce. Si elle est rayée ou endommagée, elle peut perdre une part importante de sa valeur intrinsèque. L’assurance responsabilité civile professionnelle d’un vendeur ayant pignon sur rue peut vous protéger dans ce cas précis.

Où stocker ?

Le stockage constitue un problème réel et délicat. En effet, les cambrioleurs sont friands d’or et connaissent la plupart des astuces des particuliers qui cachent leur métal précieux. Le stockage dans un coffre privé ne constitue pas non plus une bonne solution, les coffres étant soit forcés sur place, soit emportés pour être ouverts plus tard. De plus, une cachette trop secrète peut faire perdre à vos héritiers une partie de votre héritage en cas d’accident…

Vous devez également vérifier que votre assureur garantit bien ce risque et, surtout, pour un montant aussi important que votre investissement avec une franchise raisonnable.

Vous pouvez également stocker votre or dans un coffre bancaire, ce qui entrai-nera des frais de 125 à 150 € par an pour un volume de 30 dm3 avec une garantie, pour ce prix, en général limitée à 30000 €. Certaines sociétés de négoce vous proposent enfin de stocker pour vous votre investissement, mais cette solution peut s’avérer incertaine notamment en cas de liquidation judiciaire.

Quelle fiscalité ?

Lors de la revente d’une pièce qui a eu cours légal, vous avez le choix entre payer une taxe forfaitaire de 11,5 % sur le prix de revente ou une taxe forfaitaire sur la plus-value réalisée de 36,2 % avec un abattement dégressif de 5% par an à partir de la deuxième année de détention si le montant de la vente est supérieur à 5000 €. Il peut donc être intéressant de fractionner ses ventes, en ne dépassant pas l’abattement annuel de 5000 €.

THIERRY DESCHANELS